vendredi 30 novembre 2012

Samba Print Server


Another common use of Samba is to configure it to share printers installed, either locally or over the network, on an Ubuntu server. Similar to Samba File Server this section will configure Samba to allow any client on the local network to use the installed printers without prompting for a username and password.
For a more secure configuration see Securing a Samba File and Print Server.

Installation
Before installing and configuring Samba it is best to already have a working CUPS installation. See CUPS - Print Server for details.
To install the samba package, from a terminal enter:
sudo apt-get install samba

Configuration

After installing samba edit /etc/samba/smb.conf. Change the workgroup attribute to what is appropriate for your network, and change securityto user:
   workgroup = EXAMPLE
   ...
   security = user
In the [printers] section change the guest ok option to yes:
   browsable = yes
   guest ok = yes
After editing smb.conf restart Samba:
sudo restart smbd
sudo restart nmbd
The default Samba configuration will automatically share any printers installed. Simply install the printer locally on your Windows clients.

Resources



jeudi 29 novembre 2012

Créer et maintenir les lois comme les logiciels libres?



Lorsque vous parcourez un article de l’encyclopédie libre Wikipédia, vous pouvez bien évidemment le lire, mais aussi écrire (le fameux bouton « Modifier ») et consulter tout son historique, sans oublier converser autour avec les autres contributeurs (lien « Discussion »). Il en va de même avec tout logiciel libre déposé sur une plateforme collaborative comme celle de GitHub (dont l’approche et les fonctionnalités sociales ont donné un coup de vieux à Sourceforge).
Il y a là une manière bien spécifique de fonctionner et une invitation à s’impliquer.
Dans la mesure ou Wikipédia ou GNU/Linux sont d’incontestables réussites, l’un des plus célèbres penseurs du Net, Clay Shirky, s’est récemment demandé, au cours d’une brillante intervention TED, si on ne pouvait pas fortement s’en inspirer pour faire évoluer la politique en générale et l’élaboration de nos lois en particulier.
Ce que l’on pourrait résumer également ainsi : est-ce que le logiciel libre a des choses à dire, voire à enseigner, à la démocratie ?

Peut-on améliorer la politique avec les outils du logiciel libre ?

Mathew Ingram – 29 septembre 2012 – Gigaom.com
(Traduction : Lamessen, Barbidule, Evpok, David, peupleLa)
Les principes du logiciel libre ont contribué à créer de nombreux logiciels efficients et utiles, y compris le système d’exploitation GNU/Linux et la surpuissante ressource que représente Wikipédia. Cette même approche pourrait-elle être utilisée pour ouvrir le processus de création des lois ? Clay Shirky assure que c’est possible.
La philosophie du logiciel libre a permis entre autres de construire un système d’exploitation et une encyclopédie collaborative de grande qualité. Pourrait-on en faire de même avec la législation et la politique ? C’est ce que le théoricien de la communication Clay Shirky a proposé dans une récente et remarquée conférence TED (Technology Entertainment Design) à Edimbourg. L’idée est alléchante, employer les méthodes de GNU/Linux et Wikipédia pour rendre les gouvernements plus ouverts et impliquer davantage les concitoyens, mais est-ce véritablement transposable ? L’écriture de logiciels et de services Web est très différente de celle des lois, et l’histoire du logiciel libre a connu son lot de guerres quasi-religieuses. Mais c’est peut-être notre meilleur espoir.
Après avoir fait une sorte de tour d’horizon du mouvement open source, en accordant la part belle à GNU/Linux, Shirky a consacré une grande partie de son discours à Github, plateforme collaborative et sociale de dépôt de logiciels qui permet à n’importe qui d’éditer, de « forker » en créant sa propre version, et de suivre les changement que font les autres. De GitHub à l’idée de législation collaborative, il n’y a qu’un pas. Et c’est ce que Shirky semble avoir à l’esprit. Il y a déjà eu quelques tentatives de réalisation directement via GitHub. Ainsi, un développeur allemand a déposé l’intégralité des lois allemandes sur la plateforme. De cette façon, les citoyens peuvent recommander et suivre les changements.
C’est séduisant sur le papier : une simple plateforme logicielle dédiée à la collaboration pourrait changer la façon dont on développe et met en œuvre les lois. Mais est-ce réaliste ?
Beaucoup de sceptiques disaient au départ que Wikipédia n’avait aucune chance de marcher. Pourtant elle est bel et bien là et sa réputation et sa fiabilité sont excellentes, malgré quelques ratés, comme l’incident récent impliquant l’auteur Philip Roth. Il est vrai cependant que de nombreux critiques pensent que la « cabale » des éditeurs qui contrôlent l’encyclopédie collaborative a trop de pouvoir.
Force est de reconnaître que le fonctionnement des gouvernements reste de toutes les façons trop opaque à l’ère d’Internet, et donc que Github ne peut pas faire empirer les choses. D’ailleurs, Shirky n’est pas le seul à le penser : le développeur Abe Voelker a proposé un « Github pour lois » qui propose exactement la même approche pour concevoir des lois collaborativement. D’autres expériences basées sur ces mêmes idées d’ouverture ont déjà eu lieu en Finlande, en Irlande et surtout en Islande avec la rédaction collective de sa nouvelle Constitution (NdT : lire à ce sujet L’Islande, la crise, la révolution et moi, et on notera en France l’initiative d’Étienne Chouard avec sa Constitution nationale d’origine citoyenne sur un wiki).
Un des problèmes posés par la transposition d’une solution technique comme Github à un processus culturel et politique de grande ampleur, c’est que créer des lois, même mineures, est très différent de bidouiller un bout de code afin que GNU/Linux puisse reproduire les styles de polices de caractères Windows, ou encore modifier l’article sur George Bush dans Wikipédia (sachant que ces deux exemples en apparence inoffensifs ont donné lieu à de vives polémiques au sein de leur communauté respective). Comment peut-on dès lors espérer que des politiciens puissent, dans les faits, se servir d’un processus similaire pour changer la manière dont fonctionne le gouvernement, le parlement et ses lois ? Comme le suggère Shirky dans sa conférence, il y a une bureaucratie bien installée qui n’a probablement aucun intérêt à renoncer à ce contrôle au profit du bon peuple.
Dans son livre Here comes Everybody, Shirky a montré l’impact positif d’Internet sur la dynamiques des groupes. Son admiration pour Github semble prendre place dans une recherche d’outils collaboratifs et ouverts axée sur l’humain. Il est clair que nous en avons besoin, et même si Github n’est peut-être pas la bonne réponse, à ce stade, tout peut valoir la peine d’être tenté.

Samba File Server




One of the most common ways to network Ubuntu and Windows computers is to configure Samba as a File Server. This section covers setting up a Samba server to share files with Windows clients.
The server will be configured to share files with any client on the network without prompting for a password. If your environment requires stricter Access Controls see Securing a Samba File and Print Server

Installation
The first step is to install the samba package. From a terminal prompt enter:
sudo apt-get install samba
That's all there is to it; you are now ready to configure Samba to share files.

Configuration

The main Samba configuration file is located in /etc/samba/smb.conf. The default configuration file has a significant amount of comments in order to document various configuration directives.
Not all the available options are included in the default configuration file. See the smb.conf man page or the Samba HOWTO Collection for more details.
  1. First, edit the following key/value pairs in the [global] section of /etc/samba/smb.conf:
       workgroup = EXAMPLE
       ...
       security = user
    
    The security parameter is farther down in the [global] section, and is commented by default. Also, change EXAMPLE to better match your environment.
  2. Create a new section at the bottom of the file, or uncomment one of the examples, for the directory to be shared:
    [share]
        comment = Ubuntu File Server Share
        path = /srv/samba/share
        browsable = yes
        guest ok = yes
        read only = no
        create mask = 0755
    
    • comment: a short description of the share. Adjust to fit your needs.
    • path: the path to the directory to share.
      This example uses /srv/samba/sharename because, according to the Filesystem Hierarchy Standard (FHS)/srv is where site-specific data should be served. Technically Samba shares can be placed anywhere on the filesystem as long as the permissions are correct, but adhering to standards is recommended.
    • browsable: enables Windows clients to browse the shared directory using Windows Explorer.
    • guest ok: allows clients to connect to the share without supplying a password.
    • read only: determines if the share is read only or if write privileges are granted. Write privileges are allowed only when the value is no, as is seen in this example. If the value is yes, then access to the share is read only.
    • create mask: determines the permissions new files will have when created.
  3. Now that Samba is configured, the directory needs to be created and the permissions changed. From a terminal enter:
    sudo mkdir -p /srv/samba/share
    sudo chown nobody.nogroup /srv/samba/share/
    
    The -p switch tells mkdir to create the entire directory tree if it doesn't exist.
  4. Finally, restart the samba services to enable the new configuration:
    sudo restart smbd
    sudo restart nmbd
    
Once again, the above configuration gives all access to any client on the local network. For a more secure configuration see Securing a Samba File and Print Server.
From a Windows client you should now be able to browse to the Ubuntu file server and see the shared directory. If your client doesn't show your share automatically, try to access your server by its IP address, e.g. \\192.168.1.1, in a Windows Explorer window. To check that everything is working try creating a directory from Windows.
To create additional shares simply create new [dir] sections in /etc/samba/smb.conf, and restart Samba. Just make sure that the directory you want to share actually exists and the permissions are correct.
The file share named "[share]" and the path /srv/samba/share are just examples. Adjust the share and path names to fit your environment. It is a good idea to name a share after a directory on the file system. Another example would be a share name of [qa] with a path of /srv/samba/qa.

Resources

mercredi 28 novembre 2012

DESKTOP SUR UNE INSTALLATION UBUNTU SERVER 12.04


L’installation du système mode serveur est généralement plus rapide .

Pour ubuntu server 12.04 :

Capture d'écran de Kubuntu Desktop
1- Installer l'éditeur texte "nano": 

   sudo apt-get install nano

2- Modifier le fichier sources.list :  
Ubuntu dispose une série de miroirs officiels dans lesquels il suffit de piocher. Il y en a sûrement un près de chez vous. 
Consulter la liste des miroirs officiels sur Launchpad
Je choisi ubuntu.mirror.tn/ubuntu/ puis je modifie le fichier sources.list comme cette image l'indique

nano /etc/apt/sources.list


le code :

deb cdrom:[Ubuntu-Server 12.04.1 LTS _Precise Pangolin_ - Release i386 (20120817.3)]/ precise main restricted
## DEPOTS OFFICIELS ##
deb http://ubuntu.mirror.tn/ubuntu/ precise main restricted universe multiverse
deb http://ubuntu.mirror.tn/ubuntu/ precise-updates main restricted universe multiverse
deb http://ubuntu.mirror.tn/ubuntu/ precise-security main restricted universe multiverse
deb http://ubuntu.mirror.tn/ubuntu/ percise-backports main restricted universe multiverse

## DEPOTS SUPPLEMENTAIRES ##
# deb http://archive.canonical.com/ubuntu precise partner
deb http://extras.ubuntu.com/ubuntu precise main

N.B: il faut modier le fichier en mode graphique (plus rapide et plus facile) après l'intallation de desktop, comme ça sources.list

3-sudo apt-get update 

4-sudo apt-get upgrade

5- installer le desktop 

     Installer gnome :
         apt-get install ubuntu-desktop

     ou kde :
         apt-get install kubuntu-desktop

     ou xfce :
        apt-get install xubuntu-desktop

pour moi je choisis le kde ,pourquoi?

KDE (K Desktop Environment) est un puissant environnement graphique de bureau. Il se compose d'un ensemble d'outils vous permettant d'exploiter graphiquement votre ordinateur : gestionnaire de fenêtres, fenêtre de connexion, bureau, gestionnaire de fichiers, menu, espaces de travail virtuels… C'est l'environnement de bureau KDE qui est installé par défaut sur Kubuntu. KDE est fortement apprécié pour sa modularité ; tout en étant très simple à utiliser, il offre de très nombreuses possibilités en matière de personnalisation et d'effets visuels. KDE est aussi plus léger que GNOME, contrairement à la légende (en effet, la plupart des applications de KDE utilisent les mêmes composantes (bibliothèques), elles n'ont besoin d'être chargés en mémoire qu'une fois).

TUTORIAL - INSTALL UBUNTU SERVER 12.04LTS IN VMWARE WORKSTATION 8 FOR WINDOWS

Installation run-through of Ubuntu Server 12.04 in VMWare Workstation 8 for Windows.

Workstation 8 requires a CPU that supports the 64bit instruction set, but for older computers, the installation is virtually identical under Workstation 7, which doesn't require the 64bit instruction set. 

dimanche 11 novembre 2012

Microsoft reboote l'informatique




Avec l'arrivée sur les ordinateurs du nouveau système d'exploitation de Microsoft, Windows 8, les machines vont paradoxalement prendre un petit coup de vieux : il va redevenir difficile d'échapper à Windows pour installer d'autres systèmes tout aussi performants, comme FreeBSD ou les systèmes GNU/Linux dont les plus connus sont Ubuntu, Linux Mint, Fedora, OpenSUSE...


Le déploiement de Windows 8 entérine en effet la disparition d'un petit programme datant du milieu des années 1970 (!) et présent sur tous les PC depuis, le BIOS. C'est le premier programme qui est lancé lors de la mise sous tension d'une machine. Il "réveille" les différents composants matériels, disque dur, clavier, carte graphique... Il active ensuite le système d'exploitation proprement dit et tous les logiciels.

Mais le BIOS ne fonctionne pas avec les disques durs actuels de plus de 2 téraoctets (soit 2 000 gigaoctets). En outre, sa taille réduite ne lui permettait plus d'évoluer. C'est pourquoi un consortium d'acteurs, à l'initiative d'Intel, a développé un nouveau BIOS, baptisé UEFI, qui s'est déployé peu à peu. "Depuis 2010, la moitié des PC est vendue avec l'UEFI. Mais les usagers ne s'en rendent pas compte", explique une porte-parole du Forum UEFI.

Windows 8 utilise des fonctionnalités nouvelles du nouveau BIOS, portant notamment sur la sécurité. Un PC certifié Windows 8 ne pourra pas démarrer autrement qu'avec la version d'origine installée. En particulier, aucun virus ne pourra modifier le coeur du système car grâce à une signature électronique, il sera possible de vérifier que l'intégrité du programme est préservée. Les PC seront ainsi protégés contre les virus du type "rootkits", qui leurrent en général les antivirus classiques car ils agissent en amont d'eux.

Cependant la technique reste inopérante contre les autres virus, qui utilisent des failles dans les logiciels. Accessoirement, l'UEFI permet à Windows de se connecter au réseau, par exemple d'une entreprise, pour récupérer des clés de chiffrement et décoder le disque dur. Sans ces clés, le contenu de celui-ci est illisible.

Mais si Windows 8 et son "démarrage sécurisé" (secure boot en anglais) bloquent les virus rootkits, ils empêchent de fait d'utiliser un PC avec un autre système d'exploitation, limitant ainsi la liberté de l'utilisateur. La communauté des logiciels libres est donc montée au créneau pour dénoncer ces nouveaux obstacles. Les logiciels libres, en donnant accès à la totalité des lignes de programme, autorisent leur utilisation, modification ou diffusion. S'ils sont minoritaires dans le champ des PC de bureau, ils sont majoritaires sur les serveurs Web par exemple.

"Statut de monopole"

"Secure Boot sera probablement une entrave à l'adoption de logiciels libres à cause du statut de monopole de Microsoft sur les systèmes préinstallés", explique John Sullivan, directeur exécutif de la Free software foundation, qui a lancé une pétition contre le restricted boot.

Depuis un an, différents acteurs de cette communauté oeuvrent pour trouver des solutions. Microsoft a indiqué qu'il serait possible de désactiver Secure Boot, ce qui permettrait donc d'installer ce que l'on veut mais rendrait Windows 8 inopérant, alors qu'aujourd'hui les deux systèmes peuvent cohabiter aisément. Cette opération dépendrait de chaque fabricant et ne serait pas forcément simple.

La Fondation Linux, qui a notamment en charge le développement du coeur des systèmes d'exploitation Linux, ou d'autres acteurs comme Fedora ou OpenSUSE ont proposé une autre solution. Ils mettent à disposition un préprogramme, certifié par Microsoft, juste après l'UEFI, qui permet ensuite de lancer un autre programme, qui lui-même commanderait le lancement de n'importe quel système Linux ou autre, sous réserve de recourir à des signatures électroniques (indépendantes de Microsoft cette fois).

"Ce sera beaucoup plus compliqué. Il y a dix ans, nous organisions de nombreuses install parties pour aider les gens à s'équiper en logiciels libres. Cela était de moins en moins nécessaire car les procédures sont vraiment simples. Il va falloir s'y remettre !", regrette Pierre Ducroquet, membre de l'association Chtinux de promotion du logiciel libre dans la région lilloise.

En outre, la certification crée une dépendance vis-à-vis de Microsoft, qui peut révoquer sa signature à tout moment. L'entreprise interdit aussi la désactivation de Secure Boot sur les machines basées sur des architectures dites ARM, équipant les téléphones mobiles ou les tablettes, bridant un peu plus la concurrence sur des systèmes amenés à se développer.

David Larousserie

Rien ne serait arrivé sans la loi de Moore



La loi de Moore (qui n’est en fait qu’un conjecture) affirme que le nombre de transistors des microprocesseurs sur une puce de silicium double tous les deux ans. Ce qui, par extension, a donné pour le grand public que le rapport entre la puissance d’un ordinateur et son prix double tous les dix-huit mois.
Autrement dit, les machines sont de plus en plus puissantes et de moins en moins chères.
C’est bien ce qu’il s’est produit et se produit encore, pour le plus grand bonheur du logiciel libre et sa culture…


Un allié secret de l’open source : la loi de Moore

Open source’s secret ally: Moore’s Law
par Glyn Moody – 10 octobre 2012 – The H

(Traduction : KoS, ProgVal, Sylvain, greygjhart)
Linux est passé du statut de petit bidouillage sympa dans une chambre à celui de logiciel capable de changer le monde il y a un peu plus de 21 ans lorsque Linus a envoyé son fameux message : « Bonjour aux utilisateurs de minix », invitant les gens à le rejoindre. Comme je l’ai remarqué le mois dernier, cette approche ouverte, collaborative était tout à fait nouvelle et s’est avérée décisive dans l’adoption et le développement de Linux.
Cela fut possible car Internet était déjà suffisamment présent pour qu’assez de gens se joignent à l’équipe distribuée de volontaires de Linus. En d’autres termes, l’émergence du logiciel libre est intimement liée à internet. En effet, le décollage rapide de Linux, comparé aux progrès plutôt lents du projet GNU est probablement dû, au moins en partie, au fait que ce dernier ne pouvait se reposer sur une connectivité globale. C’est grâce à cela que Richard Stallman a pu vivre des ventes de GNU Emacs, qu’il distribuait sur des bandes magnétiques.
La nature symbiotique du logiciel libre et d’internet, le premier utilisant le second, le second étant utilisé par le premier, est maintenant largement reconnue. Mais un autre facteur clé dans l’apparition de l’open source a été sous-estimé, alors que Linus lui-même le mentionne dans ce fameux premier message :
Je programme un système d’exploitation (gratuit, c’est juste un passe-temps, ça ne sera pas un gros projet professionnel comme GNU) pour des clones AT 386(486).
Comme nous vivons à l’ère Intel depuis deux décennies, une ère qui touche peut-être à sa fin, avec la montée en puissance des smartphones et des tablettes et leurs processeurs de familles différentes, il est facile de négliger l’importance du fait que Linus développa Linux pour les processeurs 80386.
Aussi étrange que cela puisse paraître , l’ordinateur principal de Linus avant qu’il n’écrive Linux était un Sinclair QL, un ordinateur typiquement anglais qui utilisait le processeur Motorola 68008 (qui fonctionnait à 7,5 MHz), fourni avec 128K de RAM et utilisait un infâmemicrodrive comme stockage.
Passer à un PC 386, fonctionnant à 33MHz, avec 8 Mo de RAM et 40Mo de disque dur, était un véritable bond en avant pour Linus, et poussa ses finances à leurs limites. En fait, il n’a pu acheter son premier PC que le 5 janvier 1991 parce qu’il reçut de l’argent pour Noël qu’il ajouta à un prêt étudiant que le gouvernement Finlandais lui avait récemment accordé. Ce dernier était sensé payer sa nourriture et son logement pendant qu’il étudiait à l’université d’Helsinki mais comme il vivait toujours avec sa mère pendant cette période, il réussi à le détourner pour un usage plus intéressant.
Le fait qu’il puisse se payer un système aussi performant reposait sur l’amélioration continuelle du matériel, couplée à la diminution régulière des prix. C’est à dire que c’est grâce à la loi de Moore, qui dit que le ratio entre performances et prix double tous les 18 mois environ, que Linus a pu se retrouver avec le système 386 qu’il mentionne dans le premier message sur Linux.
Sans la loi de Moore, il serait sans-doute resté avec son Sinclair QL, codant pour un système dont peu de gens se souciaient. Avec le 386, il a pu rentrer dans le courant dominant de l’informatique en même temps que de nombreuses autres personnes. Partout dans le monde (ou en tout cas dans les zones les plus riches) les jeunes gens ont pu s’acheter de vrais ordinateurs basés sur l’Intel 80386 et (plus tard) 80486. Cela signifiait qu’ils pouvaient faire tourner le code de Linux dès ses débuts, et aussi qu’ils pouvaient contribuer.
Encore une fois, sans la loi de Moore mettant des ordinateurs moins chers dans les mains de bidouilleurs, Linus n’aurait pas été en mesure de construire cette communauté mondiale à travers Internet et le rythme de développement en aurait souffert. En effet, comme la loi de Moore continuait de tirer les prix vers le bas tout en augmentant les performances, de plus en plus de gens dans un nombre croissant de pays ont pu acquérir des PCs suffisamment puissants pour rejoindre le projet Linux. Des processeurs plus rapides signifiaient des temps de compilation plus courts pour les programmes ce qui rendait le bidouillage du code plus facile – et plus agréable.
Il y a ici un contraste intéressant avec le développement du logiciel propriétaire. Les avancées dues à la loi de Moore ne profitent que peu aux programmeurs dans les entreprises, puisqu’ils ont généralement du matériel assez bon. Et les entreprises n’en bénéficient guère plus, puisque ce qui coûte le plus dans la programmation est le salaire des programmeurs, pas le prix de leurs PCs. Dans le monde du logiciel libre, les programmeurs volontaires sont bénévoles et le facteur limitant est le prix du matériel. C’est pourquoi la loi de Moore est très avantageuse pour l’open source.

Potentiel futur

RASPBERRY PI

Ce n’est pas un effet purement historique des premières heures de Linux. Nous voyons encore aujourd’hui la Loi de Moore tirer les prix vers le bas en accueillant toujours plus d’utilisateurs. Un bon exemple est le mini-ordinateur Raspberry Pi. Il offre les bases de la puissance d’un PC sur une petite carte mère, à un prix minuscule. Cela signifie que non seulement les personnes ordinaires – même des enfants – peuvent l’acheter sans avoir à penser au prix, mais aussi que les écoles peuvent envisager d’en acheter un pour chaque étudiant, ce qui est normalement inenvisageable avec les prix prohibitifs des PC, même ceux bon marché.
L’effet que le Raspberry Pi aura sur l’éducation n’est pas encore clair, mais il semble que celui-ci ou l’un des nombreux systèmes semblables à prix très bas va permettre l’arrivée de nouveaux types de projets avec des nouveaux groupes de contributeurs, dans les pays émergents par exemple.

PARALLELLA

Et les choses sont déjà en train d’aller plus loin. Voici un projet Kickstarter qui illustre à merveille cette progression continue rendue possible grâce à la loi de Moore. Il s’agit deParallella. Il se décrit comme un « Supercalculateur Grand Public », et ce n’est pas une blague.
Une fois terminé, l’ordinateur Parallella devrait fournir l’équivalent d’un processeur à plus de 45Ghz sur un circuit de la taille d’une carte de crédit tout en consommant moins de 5 Watts en fonctionnement normal. En s’en tenant seulement à la fréquence, c’est plus de puissance qu’un serveur haut de gamme qui coûte des milliers de dollars et consomme 400W.
Important, tout le système sera ouvert :
  • Accès ouvert : absolument aucun accord de non divulgation ou accès spéciaux nécessaires ! Toute l’architecture et le kit de développement seront publiés sur le web dès que le projet sera financé sur Kickstarter.
  • Open Source : la plateforme Parallella sera basée sur des outils et des librairies libres et gratuites. Tous les fichiers de conception des circuits seront fournis une fois que Parallella sera sur le marché.
  • Bon marché : les coûts du matériel et des outils de développement ont toujours été une barrière très difficile à franchir pour les développeurs cherchant à écrire des applications haute performance. Notre but est de fournir l’ordinateur haute performance Parallella à un coût inférieur à 100 $, le rendant accessible à tous.
Oui, c’est un super ordinateur à 45GHz, fourni en standard avec Ubuntu, pour moins de 100$. Si Parallella parvient à sortir cela – et en tant que projet Kickstarter (il y a toujours le risque qu’il ne soit pas totalement financé ou qu’il ne fonctionne pas correctement) – il va mettre un nouveau niveau de puissance de calcul entre les mains de tout le monde, y compris les étudiants.
Potentiellement, cela va permettre à des gens qui, jusqu’à présent, ne pouvaient tout simplement pas s’acheter une telle puissance de calcul de démarrer une toute nouvelle génération de projets open source. Encore une fois, le principal bénéficiaire ici est l’open source : si une entreprise a besoin d’un supercalculateur, elle va généralement l’acheter immédiatement, puisqu’elle peut se permettre de payer un prix conséquent pour les modèles actuels. Ce que Parallella apporte, grâce à la loi de Moore, est la démocratisation d’une puissance de calcul de cet ordre, qui ne va plus être réservée à des projets commerciaux disposant de solides fonds.

IMPRESSION 3D

Il est important de noter que c’est la loi de Moore, agissant sur le matériel qui apporte ces bénéfices, plutôt que n’importe quel changement exponentiel dans le logiciel (qui n’y contribue qu’indirectement). De plus, des lois de Moore pour d’autres types de matériel commencent également à prendre forme. Un exemple frappant en est l’impression 3D, où les prix baissent régulièrement.

SÉQUENÇAGE DU GÉNOME

Ou encore le monde du séquençage du génome – démêler les milliards de « lettres » chimiques qui forment la double hélice de l’ADN – qui voit l’arrivée de changementsencore plus importants.
Vous savez peut-être que le coût de séquençage du génome baisse, mais vous n’avez peut-être pas la moindre idée de la vitesse à laquelle il baisse. Le National Human Genome Research Institute qui fait partie du National Institute of Healthaméricain a compilé des données étendues sur le coût de séquençage de l’ADN au cours de la dernière décennie et a utilisé ces informations pour créer deux graphique à couper le souffle. Les chercheurs du NHGRI montrent que non seulement les coûts de séquençage sont en chute libre mais ils dépassent la courbe exponentielle de la loi de Moore d’une grande marge.
Cela signifie que le coût de séquençage de votre génome, ou de n’importe quel autre organisme, va bientôt devenir à la portée de tout le monde. Cela va-t-il créer une communauté globale de bio-hackers libristes, menée par un nouveau Linus avec un séquenceur de bureau (et peut-être un supercalculateur Parallella) dans sa chambre à coucher ? L’expérience des logiciels libres suggèrent que oui et nous apprend que nous ne devrions jamais sous-estimer le simple pouvoir de la loi de Moore à conduire des changement inattendus et révolutionnaires.

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